PROTECTION SOLAIRE - COMMENT BIEN LA CHOISIR?

Plusieurs questions s’imposent devant l’éventail de produits offrant une protection solaire. Un FPS élevé est-il garant d’une meilleure protection ? Le filtre minéral est-il plus efficace que le filtre chimique ? Le prix est-il synonyme de qualité ? Vaporisateur ou tube crème ?

Survol sur les enjeux de la protection solaire et la prévention des effets indésirables des rayons UVA et UVB sur la peau.

 

Parlons chiffres

Selon les statistiques de la Société canadienne du cancer, on estime qu’en 2016, 6800 Canadiens recevront un diagnostic de mélanome et que 3100 seront des femmes et 3700 des hommes. De ce nombre 440 femmes et 770 hommes en mourront.1

Devant ces chiffres, l’exposition aux rayons UV naturels du soleil ou artificiels des lampes de bronzage, doit se faire dans des conditions limitant les effets indésirables des rayons UVA et UBV sur la peau.

 

Rayons UVB et UVA

Bien que les rayons UVB ne touchent qu’à la première couche de peau, soit l’épiderme, ce sont les grands responsables des brûlures, coups de soleil et ceux impliqués dans le développement du cancer de la peau. Ils provoquent la formation de nouvelle mélanine et produisent ainsi un bronzage qui apparait entre 48 et 72 heures suite à l’exposition de la peau aux rayons du soleil.

Les rayons UVA interviennent dans le vieillissement cutané prématuré et la formation de rides et ridules par leur pénétration plus profonde dans le derme de la peau. Ils endommagent les fibres d’élastine et de collagène, si précieuses à la souplesse et l’élasticité à la peau. Les rayons UVA font bronzer la peau, sans la faire brûler en stimulant la mélanine déjà présente dans la peau. C’est généralement ce type de rayons qui est émis par les lampes de bronzage.

 

Quelle protection solaire recommander ?

D’abord, connaitre le phototype de votre client est important. Une couleur de peau claire, des yeux bleus, des cheveux clairs et l’aptitude à prendre facilement un coup de soleil, prédispose davantage aux risques de développer un mélanome. Bien que ce type de phototype soit plus à risque, vous devez recommander l’utilisation d’une protection solaire à tous. Par conséquent, le renouvellement de votre inventaire de protection solaire doit être répétitif. 

Pour choisir la bonne protection à offrir, faisons le point sur le FPS. Le FPS est l’indice qui établit la capacité d’une crème à bloquer les UVB. Bien que nous croyions être mieux protégés par un FPS 50 qu’un FPS 30, la réalité n’est pas aussi marquée :

 

FPS 8 : BLOQUE 88 % DES RAYONS UVB

FPS 15 : BLOQUE 95 % DES RAYONS UVB

FPS 30 : BLOQUE 97 % DES RAYONS UVB

FPS 50 : BLOQUE 98 % DES RAYONS UVB

 

Les indices élevés de FPS n’offrent que de petites différences au niveau de la protection. Si votre clientèle s’expose de longues heures au soleil ou pratique des activités extérieures comme le ski ou le vélo, recommandez un indice FPS plus élevé en rappelant que la crème solaire ne doit jamais être utilisée pour prolonger intentionnellement l’exposition au soleil. Quant au choix des ingrédients, considérez que des quantités sensiblement plus élevées de produits chimiques peuvent être présentes dans les produits de protection solaire de FPS supérieure. Ces produits chimiques peuvent pénétrer la peau et entraîner une exposition interne beaucoup plus élevée à des composés potentiellement dangereux. Cet élément ne s’applique pas à tous les produits. Informez-vous judicieusement sur la formulation du produit et ses propriétés auprès de votre distributeur ou du fabricant.

Si vous optez pour un solaire avec filtre anti-UV minéral parce que ceux-ci réfléchissent les rayons et qu’ils ne sont pas des perturbateurs endocriniens comparativement au filtre chimique qui absorbe les rayons, scrutez la liste des ingrédients afin de vous assurer qu’il s’agit d’un produit sans nanoparticules. Nous le savons bien, les filtres minéraux à base de dioxyde de titane ou d’oxyde de zinc par exemple laissent un film blanc sur la peau. D’ailleurs, le dioxyde de titane et l’oxyde de zinc font partie des meilleurs protecteurs solaires offrant une protection contre les rayons UVA et UVB. Par contre, dans certains cas, les molécules ont été réduites en nanoparticules pour éviter ces fameuses traces blanches. Selon certaines études, les nanoparticules semblent suffisamment petites pour pénétrer dans la peau et rejoindre la circulation. Les protections solaires qui n’utilisent pas de filtres minéraux sous forme nanos sont donc recommandées. Certains produits sont clairement identifiés comme étant non nanos! Posez des questions à votre distributeur et prenez le temps de partager les avantages de votre produit à votre client. Une meilleure connaissance du produit permet au client de mieux comprendre les avantages de ces choix.

Également, un produit ayant une application crème est à privilégier vs une application en aérosol afin d’éviter toute inhalation indirecte de produit et éviter une application non uniforme sur la peau altérant ainsi l’efficacité de la protection solaire. Votre client sera donc mieux protégé.

Enfin, une protection contre les rayons UVA est aussi importante qu’une protection contre les rayons UVB. N’hésitez pas à recommander un examen de la peau auprès d’une dermatologue en cas de doute. La Société canadienne du cancer met à la disposition des Canadiens la règle de l’ABCDE2 permettant de différencier un grain de beauté normal d’un mélanome. Un rappel pour tous :

•   A signifie « asymétrie »; c’est-à-dire si les deux moitiés du grain de beauté ne sont pas pareilles.

•   B signifie « bordure irrégulière »; c’est-à-dire si le contour du grain de beauté est inégal ou flou.

•  C signifie « couleurs variées »; c’est-à-dire si le grain de beauté présente différentes couleurs comme des teintes de marron clair, brun, noir, bleu, rouge, blanc ou rose.

•   D signifie « diamètre », ou taille du grain de beauté; c’est-à-dire s’il a grossi ou s’il mesure plus de 6 mm, soit la grosseur d’une gomme à effacer au bout d’un crayon.

•   E signifie « élévation »; c’est-à-dire si le grain de beauté est surélevé et sa surface inégale ou s’il évolue, c’est-à-dire s’il se développe ou change, démange ou saigne.

 

La protection solaire est un outil supplémentaire dans la prévention du vieillissement cutané et des impacts néfastes de l’exposition prolongée aux rayons UVA et UVB. Elle est à utiliser beau temps mauvais temps jumelée à des verres fumés et un chapeau pour pro-fiter pleinement de l’été. C’est aussi le complément parfait aux interventions post-photorajeunissement et il est judicieux de la jumeler à vos technologies.

 

1 Information sur le cancer / Types de cancer / Peau - Mélanome / Statistique. Canadian Cancer Society’s Advisory Committee on Cancer Statistics. (2016).  Canadian Cancer Statistics 2016. Toronto, ON: Canadian Cancer Society.

2 Règle de l’ABCDE, http://www.cancer.ca/fr-ca/cancer-information/cancer-type/skin-melanoma/finding-cancer-early/skin-examination/?region=on#ixzz4hetBEPik

 

** Texte d’Angélique Carrière, tel que vu en page 21 de l'édition de juillet-août 2017 des Nouvelles Esthétiques Spa Canada **